Séance de dédicace – Salon international du livre de rabat Dimanche 3 mai
La jeunesse marocaine a le droit de savoir. Le Maroc a connu au début des années 1970 des tentatives pour instaurer un régime politique alternatif à l’absolutisme. Brahim Ouchelh, membre actif de l’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) et acteur de ces faits majeurs, livre ici des révélations inédites qui éclairent les pages sombres de l’histoire marocaine. Un combat difficile a été engagé durant les années de plombs. Il y eut des milliers de victimes, des exécutions, de la torture, des prisons, et des bagnes. Dans cet ouvrage, l’auteur souligne l’importance de la mémoire pour comprendre ce qui a été, et pourquoi ce fut entrepris. Après toutes ces larmes et cet espoir, il appelle à la reconnaissance de la pleine citoyenneté pour les Marocains qui méritent une vie politique et sociale, juste et paisible dans un État de droit, ni contesté, ni contestable. Brahim Ouchelh est né en 1945 à Salé au Maroc. Formé en sciences à l’Université de Rabat et en géologie à Grenoble et Nancy, il a entamé une carrière de géologue au Maroc et en Libye avant de devenir PDG d’entreprises à Paris. Engagé politiquement, il a été actif au sein de l’UNFP, parti d’opposition au Maroc, a lutté pour les droits de l’Homme et a été membre de la direction de l’USFP. Après une amnistie décrétée dans une perspective de démocratisation, il est retourné au Maroc en 1994 et réside aujourd’hui à Paris.
Brahim Ouchelh est né en 1945 à Salé au Maroc. Formé en sciences à l’Université de Rabat et en géologie à Grenoble et Nancy, il a entamé une carrière de géologue au Maroc et en Libye avant de devenir PDG d’entreprises à Paris. Engagé politiquement, il a été actif au sein de l’UNFP, parti d’opposition au Maroc, a lutté pour les droits de l’Homme et a été membre de la direction de l’USFP. Après une amnistie décrétée dans une perspective de démocratisation, il est retourné au Maroc en 1994 et réside aujourd’hui à Paris.
Salon international de l’édition et du livre – Rabat, édition 2026
Retrouvez-nous au Salon du Livre de Rabat du 1er au 10 mai
Au stand des Éditions Afrique Orient et des Éditions Toubkal
📍 Salle B — Stand 27
Nous serions ravis de vous y accueillir.
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ذاكرتان… ووطن واحد
ليست المسألةُ خلافًا بين كتابين، ولا منافسةً بين اسمين، بل هي سؤالُ وطنٍ يحاول أن يرى نفسه في أكثر من مرآة.
في مرآةٍ أولى، يطلّ الأستاذ Fathallah Oualalou، بهدوء العارف، وبلغة الأستاذ الذي خبر الاقتصاد والدولة، وساهم في مسار الإصلاح من داخل المؤسسات.
لم يكن رجلَ سلطةٍ بالمعنى البسيط، ولا شاهدًا صامتًا على سنوات القمع، بل كان، في لحظاتٍ عديدة، معارضًا لذلك الانحراف، رافضًا للنزعة التي ضاقت بالحريات.
كان يعرف. وكان يرى. وكان بين رفاقه من دفعوا ثمن تلك المرحلة قاسيًا.
وهذا يُحسب له، ولا يُمحى من ذاكرته.
لكن لكلّ موقعٍ احتياطه، ولكلّ قناعةٍ حدودها.
فالأستاذ فتح الله ولعلو رجلٌ يؤمن بالدولة، وبضرورة تقوية الدولة المركزية، ويرى فيها أفقًا للإصلاح الممكن وضمانةً للاستقرار.
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وفي المرآة الأخرى، تخرج الذاكرة من تجربةٍ مختلفة، من موقعٍ لم يكن يملك ترفَ الاحتياط، ولا رفاهيةَ الانتظار.
من الشارع، ومن القلق، ومن تلك اللحظة التي يصبح فيها الموقفُ قدرًا لا خيارًا.
لكن، لكي نكون منصفين للتاريخ، لا بدّ من قول ما يُبَسَّط كثيرًا:
لم يكن داخل حزبنا المشترك، الاتحاد الوطني للقوات الشعبية، تياران منفصلان، أحدهما في القيادة والآخر في القواعد، ولا معسكران متقابلان.
بل كانت هناك مصفوفة نضالية واحدة، تتداخل فيها الاختيارات، وتتعايش فيها الأساليب.
غير أن الحقيقة التي لا يمكن إغفالها، هي أن تيار النضال والمواجهة كان، في لحظاتٍ حاسمة، هو التعبير الأبرز داخل الحزب، وهو الامتداد الطبيعي لروح المقاومة المسلحة، ولتجربة جيش التحرير، ولحيوية الحركة النقابية العمالية.
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في هذا السياق، لم يكن خيار المواجهة قرارًا فرديًا، ولا اندفاعًا معزولًا، بل كان جزءًا من “الحمض النضالي” لهذا التيار التاريخي.
وفي الوقت نفسه، لم يكن المناضلون الذين اختاروا المواجهة يرفضون أشكال النضال الأخرى.
بل شاركوا، في الآن ذاته، في العمل النقابي، وفي الانتخابات، وفي المؤسسات البلدية والقروية، وفي كلّ ما كان متاحًا من فضاءات الفعل.
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كما أن الصورة التي تُقدَّم أحيانًا عن انقسامٍ حادٍّ أو عن إدانةٍ متبادلة لا تعكس حقيقة التجربة.
فلم تكن هناك إدانةٌ واضحة للعمل المسلح داخل الاتحاد، كما لم تكن هناك قطيعةٌ مع العمل السياسي والمؤسساتي.
بل كان الجميع، على اختلاف تقديراتهم، ينتمون إلى الأفق نفسه، ويتحرّكون داخل المعركة نفسها.
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والدليل على ذلك، يظهر في اللحظات الأصعب:
حين صدرت أحكام الإعدام، وحين اشتدّت المحاكمات، لم ينقسم الصفّ، ولم تُرفَع راياتُ التخوين، بل بقيت وحدة المعنى أقوى من اختلاف الوسائل.
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نحن أبناءُ الجيل نفسه، تقاسمنا الحلم، لكننا عبّرنا عنه بطرق مختلفة.
كان فينا من راهن على الإصلاح من الداخل، وكان فينا من رأى أن ميزان القوى لا يتغيّر إلا بالمواجهة.
لكننا، في النهاية، كنّا نتحرّك داخل التاريخ نفسه، ونحمل القضية نفسها.
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ما تكتبه الذاكرة من داخل المؤسسات يضيء جزءًا من الصورة، وما تكتبه التجربة من قلب المواجهة يكشف ما بقي في الظل.
فالدولة تُرى من الداخل نظامًا، وتُرى من الخارج امتحانًا.
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نكتب اليوم لا لننفي ذاكرة الأستاذ، ولا لننزع عنها مشروعيتها، بل لنُكمل ما لم يُكتب.
نكتب لأن التاريخ، إن لم يتّسع لكلّ وجوهه، يضيق… حتى يختنق.
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الوطن ليس روايةً واحدة، ولا ذاكرةً مفردة.
هو تعدّدُ المسارات، واختلافُ الرؤى، ووحدةُ المصير.
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وفي النهاية، لا ينتصر كتابٌ على كتاب، ولا ذاكرةٌ على ذاكرة.
الذي ينتصر، إن انتصر، هو الوطن… حين يعترف بكلّ أبنائه، بمن اختاروا الإصلاح، وبمن اختاروا المواجهة، وبم
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Articles divers
Mesdames, Messieurs, Chers amis,
Merci d’être présents aujourd’hui à Casablanca.
C’est un vrai plaisir pour moi d’être ici, dans une ville vivante, une ville qui travaille, une ville qui pense.
Je voudrais remercier :
Monsieur Hicham Bahloul, directeur du théâtre, Monsieur Abdelatif Hajji, pour le travail intellectuel et historique qu’il mène, et surtout Madame Najat Lebbar…
Je le dis clairement : sans elle, cette rencontre n’aurait pas eu lieu.
Je salue également :
Monsieur Mostafa Bouaziz, le Professeur Saïd Motaouakkil, et Monsieur Abdelouahed Souhail qui nous rejoindra.
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Ce livre que je vous présente aujourd’hui… ce n’est pas seulement un livre.
C’est une parole de génération.
Une génération qui a cru. Une génération qui s’est engagée. Une génération qui a payé le prix.
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L’engagement, pour nous, ce n’était pas une posture.
C’était une nécessité.
Nous étions convaincus que le Maroc devait devenir un pays moderne, un pays souverain, un pays où le citoyen compte.
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Notre génération est née dans un moment historique très particulier :
la fin du colonialisme, et le début de la construction de l’État.
Il y avait des forces politiques réelles : le Parti de l’Istiqlal, le Parti du Choura, le Parti communiste marocain.
Et surtout une idée forte :
👉 le pluralisme 👉 et l’organisation du peuple
Avec aussi un élément fondamental : la création de l’Union Marocaine du Travail.
La société commençait à s’organiser.
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Mais après l’indépendance…
les choses ne se sont pas passées simplement.
Très vite, il y a eu des tensions.
Et en réalité, ce qui s’est installé, c’est un conflit entre deux projets.
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Un premier projet : celui des forces nationales.
Un projet clair : continuer le combat. • libérer tout le territoire • récupérer les terres • construire une vraie souveraineté
Et surtout : bâtir une démocratie, avec un citoyen au centre.
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Et un deuxième projet :
celui de l’État, porté par la monarchie, avec sa légitimité historique et religieuse, et sa volonté de stabilité.
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Ce conflit, il a marqué toute notre histoire.
Mais malgré cela…
il y a eu des acquis.
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Des acquis essentiels : • l’idée que le citoyen est au centre • la revendication d’une Constitution • les premières élections • les collectivités locales • et surtout le pluralisme politique
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Puis il y a eu une période difficile.
Après 1965, avec l’état d’exception…
le système s’est fermé.
Ce sont les années de plomb.
Certains ont perdu espoir. Certains ont choisi la confrontation.
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Mais malgré tout…
le Maroc n’est pas resté bloqué.
Petit à petit, il y a eu une évolution :
du conflit vers le dialogue, puis vers une forme de compromis.
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Aujourd’hui, la question est simple :
👉 qu’est-ce qu’on garde de cette expérience ? 👉 qu’est-ce qu’on a réussi ? 👉 et qu’est-ce qu’on doit reconstruire ?
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Parce que l’essentiel est là :
L’histoire ne se répète pas. Mais elle nous oblige.
Elle nous oblige à comprendre. Et surtout… à continuer.
Intervention le 16 avril 2026 à Casablanca
La confrontation d’une génération avec le pouvoir : Nation, légitimité et démocratisation du Maroc
Introduction
Lorsque l’on évoque aujourd’hui la question de la démocratisation du Maroc, il est nécessaire de revenir à l’expérience historique d’une génération qui fut témoin direct de la fin du colonialisme et de l’indépendance du pays en 1956.
Cette génération n’est pas seulement une génération politique. Elle est une génération historique. Elle a vu disparaître l’ordre colonial et naître un État nouveau. Mais elle a aussi très vite compris que l’indépendance politique ne suffisait pas à elle seule à réaliser l’idéal de liberté et de dignité auquel aspiraient les Marocains.
Pour beaucoup d’hommes et de femmes de cette génération, l’indépendance n’était pas l’aboutissement du combat mais le commencement d’une nouvelle étape. Il fallait encore construire la nation marocaine, au sens moderne du terme : une communauté de citoyens libres, égaux en droit, partageant un destin commun et participant à l’organisation de la vie politique.
Cette aspiration à la nation se distinguait d’une autre conception de l’État qui s’est imposée progressivement après l’indépendance : celle d’un État monarchique fortement centralisé, organisé autour de la continuité historique de la monarchie.
C’est dans cette tension entre deux visions du Maroc – celle de la nation citoyenne et celle de l’État monarchique – que s’inscrit la confrontation politique qui a marqué les premières décennies de l’indépendance.
Les luttes politiques de cette génération
La confrontation entre cette génération militante et le régime ne se résume pas à une opposition abstraite entre deux visions du pouvoir. Elle s’est exprimée dans des combats politiques très concrets qui ont structuré la vie politique marocaine pendant plusieurs décennies.
Ces combats ont été menés par différentes forces politiques issues du mouvement national : le Parti de l’Istiqlal, l’Union Nationale des Forces Populaires, le Parti de la Libération et du Socialisme, ainsi que plus tard l’Organisation de l’Action Démocratique Populaire.
Ces forces politiques ont porté plusieurs luttes majeures.
La première concernait l’achèvement du processus de libération nationale. L’indépendance proclamée en 1956 ne mettait pas fin à toutes les formes de domination coloniale. Certains territoires restaient encore sous administration étrangère, notamment les régions de Sakia El Hamra et Oued Eddahab, alors sous domination espagnole. La récupération de ces territoires constituait donc un objectif central pour de nombreux militants.
Une deuxième bataille essentielle concernait la nature des institutions politiques du Maroc indépendant. L’opposition revendiquait l’adoption d’une constitution démocratique élaborée par une assemblée constituante élue par le peuple, et non une constitution octroyée par le pouvoir.
Dans le même esprit, ces forces politiques menaient également une bataille constante pour l’organisation d’élections honnêtes et transparentes, afin que les élections reflètent réellement la volonté populaire, sans fraude ni manipulation administrative.
Ces revendications s’inscrivaient dans une conception de la politique fondée sur la souveraineté du citoyen et sur l’exercice réel de la citoyenneté.
Dignité du citoyen et légitimité du pouvoir
La question qui traverse toute cette période de notre histoire est celle de la relation entre le pouvoir politique et la dignité de l’individu.
Au XVIᵉ siècle, le philosophe Étienne de La Boétie s’interrogeait déjà sur les raisons pour lesquelles des peuples nombreux acceptent parfois de se soumettre à un pouvoir concentré entre les mains d’un seul. Dans son analyse de la servitude volontaire, il montrait que la soumission politique n’est pas une fatalité naturelle mais une construction historique et culturelle.
Plus tard, le sociologue Max Weber analysera les différentes formes de légitimité politique. Selon lui, certains régimes reposent sur la tradition et sur l’histoire pour justifier leur autorité, tandis que d’autres fondent leur légitimité sur le droit et sur la participation des citoyens.
La génération dont nous parlons posait précisément cette question : sur quoi doit reposer la légitimité politique dans le Maroc indépendant ? Sur la continuité historique d’une institution, ou sur la souveraineté des citoyens ?
Pour cette génération, la réponse était claire : la dignité du citoyen devait devenir le fondement de la légitimité politique.
Conclusion
L’histoire de cette génération ne doit pas être lue comme une simple opposition politique inscrite dans le passé. Elle constitue un moment essentiel de la réflexion collective sur ce que doit être le Maroc moderne.
La question posée par cette génération dépasse les circonstances de son époque. Elle touche à l’essence même de la vie politique : sur quoi repose la légitimité d’un État ?
Sur la permanence d’une institution héritée de l’histoire, ou sur la souveraineté des citoyens qui composent la nation ?
Pour les hommes et les femmes de cette génération, la réponse était claire. Le Maroc ne devait pas seulement être un État ancien, mais une nation moderne fondée sur la participation de ses citoyens.
Ils ne se battaient pas seulement pour des institutions, mais pour une idée exigeante : celle de la dignité du citoyen.
Et cette idée demeure aujourd’hui encore l’un des fondements essentiels de toute démocratie.